Le chaume : du roseau en couverture

Un des plus anciens matériaux de couverture, le chaume intéresse de plus en plus les architectes qui s’emparent de l’esthétique des matières disponibles à portée de main et les interprètent de manière résolument contemporaine.

 

Le chaume recouvre environ 5000 toits en France et les deux tiers se trouvent dans la Brière, marais situé au Nord de l’estuaire de la Loire. La plupart sont des chaumières traditionnelles, mais elles côtoient peu à peu des bâtiments contemporains d’envergure comme le Centre Beautour à La-Roche-sur-Yon, véritable « morceau de paysage construit ».

 

Le bâti fait corps avec le paysage. Le roseau grise de manière harmonieuse avec le temps
Le bâti fait corps avec le paysage. Le roseau grise de manière harmonieuse avec le temps © Sergio Grazia

 

15 bottes pour couvrir 1 m2

Les bottes de 20 cm de diamètre sont lancées sur le toit et posées les unes à côtés, alignées horizontalement. Les chaumiers, hissés sur leurs chevalets, ouvrent les bottes en coupant leur lien. Les tiges de roseau sont réparties uniformément sous la barre, maintenue par la crémaillère qui sert aussi de jauge pour garantir la bonne épaisseur. Une fois les tiges bien mises en place, de grandes aiguilles permettent d’insérer un fil métallique sous la charpente et dont les extrémités sortent de chaque côté de la barre. Quelques tours de vrilleur sur le fils métallique suffisent à serrer fortement la barre sur la charpente, comprimant les tiges de roseau. La palette ou le battoir servent à donner une forme régulière au chaume, en repoussant les tiges qui dépassent vers le haut. Les roseaux dépassant du toit sont coupés et enduit d’un mortier de ciment, assurant l’étanchéité du faîtage.

 

 

 

Adaptation de la technique de couverture en bardage

En bardage le roseau est pressé directement sur des voliges, grâce à des vis qui simplement fixe un fil métallique au milieu, sur le bois. Comme dans la technique traditionnelle de couverture, les deux extrémités du fil, qui passent à travers toute l’épaisseur du roseau, sont liées sur la barre qu’elles maintiennent en pression. Cette technique permet de recouvrir de manière continue la toiture et les murs.

 

Bardage chaume – crédit : William Berré via FIBRA Award

 

Des recommandations techniques vers des règles professionnelles ?

L’association nationale des couvreurs chaumiers associée a sortie en 2012 un recueil de recommandations techniques pour la couverture en roseau. Cet ouvrage décrit notamment les matériaux, les différents types de pose dont les spécificités régionales. Les problèmes actuels de dégradation prématuré du roseau à cause du développement de champignons a poussé les chaumiers a se rassembler pour statuer sur de nouveaux textes réglementaires permettant de garantir la durabilité des couvertures en chaume. Appuyés par le parc naturel régional de la Brière, les chaumiers espèrent que ces textes réglementaires soient édités dans les prochaines années.